Une activité paranormale dénommée "droit positif"

Réflexion, parallèles et retours historiques sur la manière dont les lois sont méthodiquement vidées de leur substance par une philosophie malhonnête issue de l'empire austro-hongrois.

 

Il est frappant de constater la manière dont des textes censés garantir divers droits et devoirs ont finalement "provoqué" le contraire; or il nous faut nous pencher non sur les textes, mais sur ce qui se cache derrière leur lecture par les institutions pour comprendre un tel phénomène - car ce n'est ni plus ni moins que les textes sont devenus inutiles, pour ne pas dire superflus, et pourraient tous être remplacés par un assemblage de mots ne formant pas même de phrases sans que cela n'y change rien.

 

 

Comment une telle chose serait possible?

 

 

En effet, notre intuition veut que, logiquement, et c'est le cas, une phrase ait un sens qui ait une portée, engendrant dans le domaine légal, des obligations en tant que ce qui est porté par le sens. Cet acquis de mentalité, en quelque sorte, nous vient au final d'une conception qui a eu cours dans le christianisme et jusqu'au platonisme antique, et qui est que ce qui compte dans un écrit est ce qu'il signifie, et non l'écriture ou les mots - ou encore les lettres - pris isolément les uns des autres, ou pour eux-mêmes. En effet, le texte qui est ici affiché sur votre écran par la luminosité des pixels n'est que un support possible du propos de ce texte; c'est là la même différence conceptuelle qu'entre une lumière qui aveugle (une externalité), et la Lumière divine (à comprendre celle, intérieure, de la compréhension - fait de prendre en soi), ce faisant le cas de l'Auteur (cf. Article de ce blog "De la Subjectivité" - ancien blog).

 

 

La question a d'ailleurs souvent fait débat, de la crise iconoclaste byzantine à la Querelle des Universaux, l'idée revient toujours de se demander si ce qui compte serait les pixels, ou le sens porté par les pixels - chose qui entraina la double Réforme Protestante et Tridentine, entre autres moments de perte de lien inique entre le contenant, et le contenu - ce faisant rupture. Une tragédie généralement provoquée par des luttes de pouvoirs plutôt que par la logique pure, ce faisant, en effet domino, une perte de la logique comme conséquence du péché - et un départ dans deux voies évolutives, puis, de dégénérescence symétriques. Nous pouvons prendre comme exemple si parallèle à nos luttes grammaticales postmodernes celui qui opposa, dans la Querelle des Universaux donc, les "partisans du réalisme" aux "partisans du nominalisme", les premiers défendants qu'il y a des choses (substantielles), contre les seconds affirmant qu'il y a "des choses" (des mots) - tout le monde sachant par expérience qu'il y a des mots pour représenter des choses, qui ne sont ni que des mots, ni innommables (sinon ce ne seraient pas des choses).

 

 

On admettra ici le fameux faux débat que l'on saura apercevoir, aujourd'hui, concernant les choses en tant que constructions sociales, et le soi-disant choix entre considérer qu'il y a construction sociale et donc que ce n'est basé sur rien, ou qu'il n'y a pas construction sociale et que ce serait alors basé sur quelque chose. Cet article traite de la source normative (ou légale) d'une telle absurdité de conception, ou absence de conception, à savoir le droit dit "positif", que l'on devinera suite aux explications suivantes comme relevant d'un prétexte afin d'enlever leur souveraineté aux souverains officiels, pour le confier à des arrières-cours officieuses dont la généalogie remonte - une fois n'est pas coutume - à l'impérialisme viennois, entretemps exporté en Californie pour les vieux jours de mâles blancs de plus de 100 ans (et probablement pansexuels). En effet, dès lors qu'un système normatif est fixé, il provoque l'effet fonctionnaliste logique qui voudra que les autres disciplines vont coder leurs propres normes selon la même logique, que ce soit au moins pour s'insérer dans le monde légal en premier, puis s'y fondant jusque dans la perception, ou norme des choses. Un système légal va coder comment toute la société va ensuite, branche par branche, se recoder. Imaginons une civilisation qui change d'alphabet, pensons, aussi, à la holding de Google du même nom - Alphabet - et à sa capacité de forger des dynamiques publiques via le traitement, par exemple, et selon leurs codes, des entrées et des sorties de recherches sur leur moteur de recherche (Google).

 

 

Le droit, donc. Il s'agit d'un Code des choses - on l'aura compris. Selon les cours de la Faculté de Droit de l'université de Genève, et plus généralement en général, ce code est une combinaison de lois, et ces lois ont des principes de lecture afin d'en rendre le sens, pour en appliquer la portée ou, si cela échoue, pour qu'on le sache. Ces lois d'interprétation des lois sont conformes à ce qu'on pourrait se douter d'elles, à savoir, par exemple:

 

  • l'interprétation historique: il s'agit de restituer les causes de l'écriture de la loi telle quelle, ou telle que modifiée, amendée, etc. Pour ce faire, on se penchera sur les débats parlementaires, les avis donnés par les groupes d'intérêts ayant trait au sujet concerné, voire les débats nationaux;
  • l'interprétation littérale: comprendre le sens de la phrase en tant que telle, grâce à la grammaire, à la linguistique, aux traductions si nécessaire;
  • l'interprétation systématique, accordant la partie (une loi) avec le tout (le code et les modalités que les autres lois vont impliquer sur celle considérée);
  • l'interprétation téléologique (! important !): Liée aux autres interprétations, le fait de pouvoir restituer ce que la loi visait à entrainer comme conséquences. Il s'agit du pourquoi d'une loi, de sa raison d'être.
  • l'impact des adages du droit romain (dont la conservation a été assurée via la sécurité du droit de Genève, capitale burgonde du roi Gondebaud), entrainent des principes généraux telle la non-rétroactivité; etc.

Or, ces règles n'ont aujourd'hui plus de valeur légale à être appliquées, des suites du droit positif, de facto, mais bien sûr - ce serait trop simple - pas de jure. À comprendre que, dans les faits, elles ne l'emportent pas forcément (!), mais qu'elles sont consultées impérativement, ce qui permet de dire qu'elles sont prises en compte.

 

260px-Gondebaud_par_Roger_Ferrier_Place_du_bourg_de_Four.JPG.jpg

Statuette du roi barbare Gondebaud, auteur vers l'an 501 de la lex Gundobada, place du Bourg-de-Four (GE).

 

Un recueil de transmission du droit réputé pour être la première fusion systémique entre les lois de l'ethnie mixte des gallo-romains, d'une part, et celles des burgondes, peuple germanique du rameau ostique, d'autre part. Permettant en outre un modus vivendi interethnique de type ius gentium, il assurera, par exemple, le droit universel à la propriété privée, malgré les dérégulations sécuritaires dues à l'effondrement de l'administration romaine. Suite au mariage de sa nièce Clotilde avec le roi mérovingien Clovis, du fameux baptême - et l'alliance dynastique en résultant, la Burgondie deviendra le célèbre Royaume de Bourgogne.

 

Il s'agit là d'un effet similaire à une dégénérescence de l'exégèse protestante libérale - qui n'en est pas la cause, à tout le moins pas unique, mais donne une bonne image du problème: la volonté de restituer le sens des écritures pur en poussant les recherches autour de l'écrit - traduction, grammaire, syntaxe, mais aussi histoire des éditions, monographies, gloses, narratologie, études épistolaires, histoire de la réception, intertextualité, études genre ...et toutes les combinaisons byzantines que chaque point implique en contact avec les autres! -, cette recherche aura finalement abouti sur une étude totale du support de la Parole (les pixels), et non plus son sens (pensons à la téléologie aussi comme étape de l'exégèse scolastique, ici amputée). Ce faisant, la méthode la plus aboutie de ce rationalisme des écrits, dite historico-critique, aura pour ainsi dire entièrement dévoré tout le temps accordé à l'étude pour n'établir que son matériel, et repoussé toute forme de mysticisme derrière de longs débats infra-littéraux concernant le fait de savoir qui a écrit quoi, dans quel ordre, et autres questions de comptables qui s'accommodent ensuite très bien d'une compréhension réduite du sens du texte - quitte, même (aujourd'hui) à le disqualifier par l'impertinence scientifique de son sens réduit, chose que nous pourrons nommer le "complexe de l'Inquisiteur". Cela bien malgré l'alerte donnée précisément dans la Bible contre une telle malignité: l'esprit prime sur - ou plutôt, est révélé par - la lettre. Il ne s'agit pas de décider entre l'un et l'autre, il s'agit de voir l'un à travers l'autre, l'un supporté par l'autre, puis, si l'on suit Galilée et sa défense de la Bible comme propos, l'expérience physique et les sciences dures comme approfondissement du (bon) sens. Le même genre de personnes qui alors le condamnèrent, aujourd'hui, et par les mêmes raisonnements, condamnent la Bible - ce qui, on l'aura compris, n'a pas changé.

 

C'est d'ailleurs ce même schéma qui explique, sous d'autres latitudes, la transformation sociologique du profil type du pétainiste en yéyé (fonctionnaires planqués, petits propriétaires terriens, bourgeoisie rentière), ce conservant tout le patrimoine propagandiste de l'occupation sous la forme du refoulement par la règle intergénérationnelle dite "du contraire" - fait ici de ne pas assumer, au final, son faux héritage. Une opération de l'esprit qui mena ensuite au démantèlement des instituts d'études anthropologiques indigènes telle l'ethnologie rurale et urbaine; pensons à la dissoute progressive du département d'ethnologie française au sein du Ministère de la culture, puis soudainement transformé en archives et propulsé en catastrophe dans la banlieue de Marseille (fonds MUCEM), enlevant au terrain toute chance d'influence sur la philosophie d'Etat et donc, sur l'élaboration des lois - sur la décision que la vraie France, et ainsi son folklore, n'aura été que Vichy. Un procédé qui rappellera la récupération par l'historiographie d'après-guerre du principe de propagande nazi dénoncé par Viktor Klemperer (l'idée que le nationalisme serait fasciste par essence, invention du NSDAP) - spécifiquement autour d'historiens allemands de formation nazie recyclés en cours de route par l'occupation américaine, tel Ernst Nolte pour la galaxie Heidegger.

 

 

Concernant le droit, ainsi, le droit positif, qui conditionne aujourd'hui la théorie générale du droit - formant ainsi un méta-droit, ou règles de condition de la compréhension des lois - fut élaboré dans la Vienne de Wittgenstein et du Tractatus par le juriste Hans Kelsen, autour de la Première Guerre Mondiale. L'essentiel du raisonnement proposé par ce système au rayonnement mondial est que la loi se suffit à elle-même. Une caractéristique qui étant réservée en théologie à Dieu et exclue aux objets terrestres - y compris "faits de main d'homme" - est, si elle est appliquée à un objet temporel, une idolâtrie. Le positivisme juridique consiste donc en une idolâtrie du droit, et implique, en conséquence, que le droit n'a pas à se justifier de quoi que ce soit, mais est de toute manière la justice elle-même - ce qui pose problème en regard du fait que le droit est le produit d'un processus de rédaction, nous l'aurons deviné. Le poisson est alors en quelque sorte noyé par le fait de considérer que le processus de rédaction n'a à se justifier que face aux lois qu'il rédige, ce faisant une sphère du droit rendue complètement autonome du monde vivant, pour ainsi dire. Cela découle, au final, de l'absence d'arbitre entre l'homme et ses actions, puisque le droit positif pose que seule compte ce que l'homme a décidé ou pense, et ne considère plus ce qui le conditionne - ni son environnement (la Nature), ni le sens de son existence (Dieu). Par l'impact dont il a été question plus tôt sur la façon, ensuite, qu'auront toutes les disciplines de se composer leurs normes selon la norme instituée de la normativité en droit - à savoir la définition de ce qui est normal, nous pouvons expliquer, enfin de façon précise, et techniquement, le phénomène si inédit qu'a la postmodernité d'avoir isolé tout les domaines les uns des autres, devenus comme autosuffisants, puis réduits à chaque création interdisciplinaire en autant de fragments supplémentaires selon un modèle disruptif en autoréférés qui surprend tant les historiens de la pensée; pensons à l'art pour l'art.

 

220px-Hans_Kelsen_(Nr._17)_-_Bust_in_the_Arkadenhof,_University_of_Vienna_-_0289.jpg

Le buste de Hans Kelsen.

 

Le positivisme juridique entraine alors, par exemple, dans son absence de finalité par le formalisme, qu'un juge constitutionnel n'a pas à défendre le sens du contenu de la Constitution - encore moins le sens originel des Pères Fondateurs, mais simplement à assurer que ce qui sert de constitution au moment soit respecté, sans perspective historique, ni téléologique, faisant du juge un petit rouage sans conscience personnelle ni nationale, nommé "juge aiguilleur". La constitution peut alors être modifiée jusqu'à aller contre le sens de sa création, tant que les normes procédurales sont respectées: la procédure est l'unique règle du positivisme juridique (pensons au fameux "contrôle de constitutionnalité"...); philosophie qui nie en oute la notion de morale - ce qui, à la manière de la désacralisation du rôle pastoral du pasteur, entraine une atmosphère fonctionnaliste de démoralisation, souvent par l'excuse selon laquelle il ne faudrait pas sacraliser les agents alors que le sacré consistait en leur tâche, qui est ainsi déconstruite. On ne s'étonnera pas que la jurisprudence, ainsi en absence d'une moralité officielle, soit influencée par des moralités officieuses portées par des associations gravitant autour du monde des juristes, avocats et juges, quitte, au final et malgré les bonnes intentions de jure de Hans Kelsen, à risquer un gouvernement des juges transnational dont les origines peuvent alors se détecter par la source lobbyiste des morales parallèles déracinées. On y retrouve ainsi toute une série d'expressions trompeuses, à commencer par celle "d'Etat de droit", formalisme ne signifiant rien d'autre qu'un Etat dont l'institution est caractérisée par la présence d'un droit.

 

Cela l'oppose donc au jusnaturalisme issu de la tradition classique, ou droit naturel - école de Salamanque, Hugo Grotius, théoriciens du contrat - basé sur l'idée de finalité de l'homme sur terre et sur l'enracinement culturel, qu'il a remplacé peu à peu pour interpréter les textes qui en sont pourtant les fruits, tout en abandonnant (parce qu'imparfaite?) sa notion structurante de nature humaine; pensons aux Droits de l'Homme, rendus ainsi hors-sujet par la racine, selon le même processus que l'impact que l'antispécisme aurait sur les Droits de l'Homme en recomposant la notion d'homme comme égale à celle d'animal. Une absence de finalité et de sujet théorisée à la suite d'une dégénérescence athée de l'humanisme - pour signifier cette sorte d'humanisme qui ne voit l'homme que comme un objet à la suite de divers tendances malsaines de la médecine, un humanisme compris comme étant contre notre Seigneur. Pensons ici et par exemple au médecin, pervers sexuel et théoricien économique franco-hollandais Bernard Mandeville et à sa Fable of the Bees: or, Private Vices, Publick Benefits (1723 - il faut ainsi, encore, rouler les "r") qui, éditée à Londres sous les huées de tout le personnel moral que la renaissance élisabéthaine aura légué à l'Angleterre d'alors (des ecclésiastiques aux juges), sera l'inspiration (sous de naïves excuses) de la si célèbre main invisible d'Adam Smith - chargée de réguler "naturellement", et par derrière, le système économique en toute "libéralité". En effet, l'idée sur laquelle repose cette théorie est, ainsi qu'en titre, que le vice (que Smith remplace par le mot "amour propre" tout en gardant les mêmes modalités*) est ce qui fait le plus maximiser le capital, fondement de l'actuel mythe de la croissance façon Bernard Madoff.

 

*Une confusion entre vice et amour-propre éventuellement à l'origine de l'erreur de jugement réalisée par Reinhold Niebuhr, ayant considéré l'amour-propre comme étant, tel quel et par hypothèse, le péché; ce faisant du complexe d'infériorité la nouvelle vertu - cf. l'article de ce blog Sur la nature insoupçonnée du politiquement correct (ancien blog).

 

 

TheFableOfBees-Mandeville.jpg

Un ouvrage aussi connu sous le nom de The Grumbling Hive, or Knaves Turn’d Honest, traduisible par La ruche murmurante, ou les fripons devenus honnêtes gens. Il inspira, outre Adam Smith, Friedrich Hayek, ou encore John Maynard Keynes.

 

 

Nous pouvons donc conclure cet article sur le thème de l'activité bancaire avec la fameuse décision que le Tribunal Fédéral fit d'abolir de facto le secret bancaire par la transmission de données bancaires privées aux USA. En effet, malgré toutes les tentatives de l'Association des Banquiers Suisses afin de préserver le noyau de notre place financière indigène qu'était le secret bancaire face aux dangers de démantèlement atlantiste que représentait, aussi, la construction européenne et son influence trans-institutionnelle (cf. Conférence Le secret bancaire suisse, 1932-1972, Marc Perrenoud - historien et ancien conseiller scientifique pour la Commission Bergier, Société des Arts de Genève, 2019), et malgré les prescriptions de la Constitution Fédérale en la matière (seulement, si l'on suit les règles d'interprétation désormais facultatives), décision fut prise d'appliquer légalement le raisonnement que traite le billet de ce blog, à savoir, un droit formel, autre nom du droit positif, cette justice pour la forme représentative d'une souveraineté délocalisée. C'est ainsi que, depuis, nous avons été habitués à l'usage multitâche de la formule "La Confédération et les cantons respectent le droit international", de la même façon au regard du préambule constitutionnel que, en leur temps, des gens étaient mis dans du feu de bois des suites d'un feu évoqué dans la Bible - qu'importe de savoir de quel type de feu il s'agissait selon les normes de l'exégèse; en l'occurrence, le Saint-Esprit, ou ... l'Esprit des Lois.

 

 

 

- Pour plus de précisions juridiques autour des conséquences du sujet de cet article sur la mentalité de notre système légal, lien vers le site du mouvement du 9 février pour le respect de la démocratie directe: https://mouvement-9fevrier.org - 

 

 

 

 

___________________________

Un article en hommage au professeur d'histoire du droit de l'université de Genève, feu Victor Monnier (1953-2019), dont l'enseignement sans langue de bois nous aura rappelé les parallèles de dynamiques administratives entre la situation de l'Union Européenne, et celle de l'Empire Romain d'Occident, tel le motif de décadence institutionnelle dit de l'inflation législative, ou encore la dérégulation du statut identitaire de citoyen.

 

 

Commentaires de l'ancien blog:

Merci pour ce texte qui fait jaillir de la lumière au milieu des ténèbres.

 

Comme vous je pense que le droit tel qu’il est appliqué ce jour dans notre pays s’éloigne de plus en plus des valeurs qui sont censées le fonder et lui donner du sens. Le droit devrait porter et défendre les valeurs précédemment reconnues dans notre Constitution, ce contrat qui nous relie les uns aux autres et dans lequel se cristallisent nos valeurs communes. Mais force est de constater, comme vous le suggérez si bien en parlant de « mentalité » de notre système légal que nous somme désormais dans un processus déviant dans lequel le vulgaire d’une mentalité a pris le pouvoir sur la morale. Étonnons-nous dans un microcosme helvétique où la philosophie du droit est un parent pauvre enseigné à coup de lance-pierre pour ne pas dire sabré depuis des décennies.

 

Mais qui cela intéresse-t-il encore ? Les juges fédéraux ? Pas même, ils ne sont plus que des fonctionnaires zélés aux service des factions politiques au pouvoir. Propos excessif ? Même pas. Ces juges sont devenus des génies dans l’art d’utiliser la procédure pour ne surtout pas avoir à se frotter aux questions véritablement de fond, celles de justice, ce qui les intéresse c’est de classer au plus vite tout ce qui pourrait venir perturber l’agencement et le fonctionnement utile de l’ordre positif et de l’ordre politique, en invoquant bientôt comme un mantra à toutes les sauces une prétendue sécurité du droit pour se défendre d’aborder toute question gênante, pratique en somme sommitale du droit positif.

 

On se demande ce que peut être la sécurité du droit lorsque les valeurs fondamentales sous-jacentes du droit sont aplaties jusqu’à en devenir informes ? Mais poser ici la question c’est y répondre. Et plus particulièrement dans les questions qui concernent le droit politique.

 

1.4 millions de votes sont confisqués, on ne peut rien faire. Le Conseil fédéral ment, on ne peut rien faire. La radio-télévision publique désinforme, on ne peut rien faire. Il n’y a pas de justice en matière de droits politiques en Suisse, cette justice est si primaire et limitée qu’elle se résume à des questions de corrections en cas d’infractions techniques grossières. La majorité politique au pouvoir peut faire tout ce qui lui chante, et danser sur le ventre du peuple, dans une démocratie qui révèle désormais toute son inadaptation et son incomplétude juridique et culturelle.

 

Alors oui, le droit positif politique dans notre pays ressemble à une activité paranormale, en ce sens qu’il n’est ni observable, ni explicable scientifiquement, et pour la simple et bonne raison qu’il n’existe pas dans des pans entiers où de la justice devrait être rendue. Sa seule observation possible relève ainsi de la pure parapsychologie de bazar.

 

La mentalité qui est au pouvoir, je veux dire cette mentalité amorale actuelle, dirige droit notre démocratie hier encore sous-tendue par des valeurs vers une démocratie vide, niaise et corrompue, en main des intérêts particuliers du moment. En somme du point de vue axiologique et historique vers un des degrés les plus bas et les plus méprisables en regard des valeurs qui ont porté tout notre passé pour nous faire sortir de l’obscurité.

 

Au-delà de la honte envers tous ceux qui ont versé du sang pour notre liberté, ce qui rassure est qu’il existe encore des résistances comme la vôtre décidée à ne pas braire stupidement avec l’entier du troupeau. Feu le professeur Monnier devrait être ravi de votre hommage et d’un tel texte porteur de tant de réflexions sur nos valeurs.

 

Bien à vous.

Michel Piccand

Écrit par : Michel Piccand 21h55 - mercredi 22 mai 2019


On ne peut rien faire... si on suit les procédures. ;D

Du reste, Dieu voulant...


Écrit par : Frédéric Eberhard 23h52 - jeudi 23 mai 2019

Lien permanent 0 commentaire

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

Optionnel